Les tueurs en série Par Michel Barroco
Analyse des différentes façons de représenter la figure du tueur en série en abordant Jack l'Eventreur, les détraqués sexuels, la double personnalité, l'importance du rituel dans le meurtre, etc.
Le tueur en série buvait le sang de ses victimes...
Le Kényan Philippe Onyancha a avoué 19 meurtresPhilippe Onyancha a comparu mardi devant la Haute Cour de Nairobi, au Kenya, pour 19 meurtres. Le tueur en série, qui suçait le sang des femmes et enfants qu’il avait préalablement étranglés, projetait de parvenir à un total de 100 victimes.
Il rêvait de tuer 100 personnes. Philippe Onyancha aura été stoppé dans son funeste dessein après avoir commis au moins 19 meurtres en deux ans. Le tueur en série de 32 ans a laissé entendre à la police qu’il était tombé sous la coupe d’esprits maléfiques. C’est pour les satisfaire qu’il voulait boire le sang de 100 femmes et enfants. Adepte d’un culte animiste dont il n’a pas donné le nom, il a expliqué que : « pour parvenir au niveau supérieur, il fallait que je tue beaucoup de gens et que je rencontre le chef du culte ».
Le criminel et deux de ses complices arrêtés la semaine dernière ont comparu devant la Haute Cour de Nairobi, mais en l’absence d’avocat, ils n’ont pas pu être jugés. Le rôle des deux complices du « vampire kényan » reste à déterminer, mais ils ont contribué à la mort de la dernière victime du tueur en série, Anthony Nijura, un petit garçon de 9 ans. Le 29 juin, commencera la procédure du « plaider coupable ». Dans le système judiciaire kényan, d’inspiration anglo-saxonne, cette procédure permet de proposer au prévenu une peine inférieure à celle encourue en échange de la reconnaissance de sa culpabilité.
« Je peux me souvenir très précisément des circonstances de chacun de ces meurtres, c’est comme si cela était arrivé aujourd’hui, a déclaré l’ancien gardien de sécurité à la presse. Je peux vous mener à tous les lieux », a-t-il ajouté avant de conduire la police auprès des corps de cinq de ses victimes vendredi.
Les esprits lui donnaient le pouvoir de subjuguer ses victimes pour les soumettre, explique t-il, admettant toutefois qu’il s’en prenait volontiers aux femmes et aux enfants parce qu’ils sont plus vulnérables : « Quand l’urgence de tuer me prend, ce sont les victimes les plus faciles ».
« La passion de tuer »
« C’est un besoin qui grandit en vous une fois que vous avez été initié, et depuis que j’ai ce truc, j’ai toujours eu la passion de tuer », a-t-il déclaré. « Quand je rencontre ma victime, elle ne peut pas me résister. Je n’ai qu’à la saluer, lui serrer la main et elle devient faible. » Onyancha affirme qu’il a étranglé toutes ses victimes mais n’a pas abusé d’elles sexuellement. S’exprimant sans montrer d’émotions apparentes, il a expliqué que le besoin de tuer devenait chaque fois plus impérieux. Et que l’acte d’étrangler, puis de boire le sang de ses victimes, provoquait chez lui beaucoup de « plaisir et de satisfaction ».
Le meurtrier en série qui a sévit à Nairobi et dans d’autres villes du Kenya a tué au moins deux des femmes qu’il était censé protéger dans le cadre de son métier. Deux autres étaient des prostituées. Une autre encore avait eu la malheureuse idée de l’inviter chez elle. Réclamer une rançon au père du petit Anthony Nijura aura été le dernier fait d’armes du tueur, qui passait pour un mari discret et sans histoire. La police a pu retrouver le kidnappeur qui s’est révélé être un tueur en série à l’aide du téléphone portable utilisé pour passer l’appel. Anthony Nijura était déjà mort.
Source Afrikcom 17 juin 2010
Serial killers d’Afrique

De nombreux meurtres liés à la tradition et une activité plus sédentaire, les serial killers d’Afrique ont leurs particularités. Avec très peu de fichiers d’empreintes génétiques et de profileurs, l’Afrique est moins bien protégée que les Etats-Unis ou l’Europe contre les tueurs en série. Stéphane Bourgoin, spécialiste français des serial killers, dresse leur profil.
« Il m’en reste 83 à tuer » s’est désolé le Kenyan Philip Onyancha après son arrestation en juin. Un « pouvoir surnaturel » lui dictait de tuer 100 personnes mais la police l’a stoppé dans son funeste dessein, après 17 meurtres. Au lycée en1996, l’un de ses professeurs lui aurait fait promettre de tuer, lorsqu’il serait appelé à le faire. Pour sceller le pacte, son enseignante, Elizabeth Wambui Kimani, lui aurait entaillé la poitrine pour faire gicler son sang, avant d’y appliquer une poudre noire. Depuis cette initiation satanique, Onyancha est « habité » et boit le sang des victimes qu’une voix lui ordonne de tuer. S’il était parvenu à en tuer 100, il aurait « rencontré le chef de la secte »...
Les serial killers ont leurs raisons que la raison ignore. L’immense majorité des tueurs en série ne sont en effet pas fous, et en particulier en Afrique. « Environ 99% des serial killers africains ne sont pas des psychotiques, mais des tueurs organisés. Leurs meurtres répondent à des pulsions, mais aussi à des besoins », affirme Stéphane Bourgoin, qui en a rencontré près de 50. Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigéria, Kenya, Algérie, Tunisie, Maroc, Mozambique, Lesotho, Mali… Presque tous les pays africains ont connu des vagues de panique causées par des serial killers. Mais l’Afrique du Sud est de loin le pays le plus concerné. La palme y revient à Moses Sithole et ses « ABC murders ». Se faisant passer pour un homme d’affaires, il a violé et étranglé au moins 38 personnes entre 1994 et 1995 à Atteridgeville, Boksburg puis Cleveland. Parfois vu comme un phénomène occidental, des serial kilers sévissent donc sur le continent africain. Stéphane Bourgoin, qui chaque jour ou presque alimente son site avec des actes de tueurs en série dresse le profil des assassins du continent.
Afrik.com : Pourquoi ne connaît-on pas les serial killers africains ?
Stéphane Bourgoin : Il y a au moins autant de tueurs en série en Afrique qu’en Europe, mais très peu font l’objet d’un traitement international. Pour avoir connaissance des cas en Afrique, il faut consulter la presse quotidienne des pays concernés. C’est la barrière des langues qui nous empêche de savoir ce qui se passe ailleurs.
Afrik.com : Les serial killers du continent ont-ils des spécificités ?
Stéphane Bourgoin : Oui, beaucoup de meurtres y sont liés à la tradition. Les sangomas [ndlr : sages, guérisseurs et voyants d’Afrique du Sud] font appel à des sortes de tueurs à gages qui, par plaisir de tuer, deviennent des tueurs en série. Les sangomas préparent parfois des décoctions à base de parties du corps humain, un breuvage à base de sexe d’enfant pour guérir de l’impuissance, par exemple. Les « muti murders », ces meurtres dont le but est de ponctionner les organes d’une personne vivante, font des centaines de victimes par an. En Afrique, il y a plus de crimes liés au cannibalisme et au vampirisme qu’ailleurs. Manger quelqu’un, c’est capturer son âme et son esprit. Et le sang, c’est la vie. En en buvant, les tueurs en série pensent devenir éternels, ou repartir pour une nouvelle vie. C’est ce genre de croyances qui expliquent le comportement des deux serial killers Kenyans récemment arrêtés : Philippe Onyancha, qui buvait le sang de ses victimes et George Otieno Okoth, qui en collectionnait les cheveux.
Afrik.com : L’Afrique est-elle bien protégée contre les tueurs en série ?
Stéphane Bourgoin : Les serial killer africains sont généralement peu mobiles, ce qui est lié à leur culture, mais aussi à leurs moyens d’existence. Si les Américains tuent souvent dans différents Etats, les Africains agissent plutôt sur une ville ou un quartier. Ils ont plus de chances de se faire attraper. Mais le continent est mal protégé contre les tueurs en série : seule l’Afrique du sud s’est constituée un fichier d’empreintes génétiques, et l’Algérie va s’en doter. Et à part en Afrique du sud, le continent n’a pas de profileurs et les policiers ne sont pas toujours très bien formés. Or sans ces outils, il est très difficile de recouper des crimes qui ne paraissent pas forcément liés : il y a très certainement plus de tueurs en série en Afrique que dans les pays européens.
Afrik.com : Pourquoi recueillez-vous les confessions des serial killers ?
Stéphane Bourgoin : Les tueurs en série ne connaissent généralement pas leurs victimes. Le meurtre peut alors sembler gratuit mais il ne l’est pas, il faut aller chercher le mobile dans la tête du tueur. Par exemple, quand j’ai interviewé « serial sniper »[le Sud-africain Velaphi « Soldier », condamné en 2000 pour 19 assassinats et 9 tentatives de meurtres], il a commencé par tourner autour du pot : il parlait de son amour des armes. Puis il m’a expliqué avoir été rendu impuissant suite à un viol en prison. Sa femme le lui reprochait. Quand ils se disputaient, il partait tuer quelqu’un pour se calmer, et éprouvait une jouissance sexuelle quand il abattait la victime.
Afrik.com : Que ressentez-vous à l’écoute de ces atrocités ?
Stéphane Bourgoin : Je ne ressens pas de sentiment particulier en les rencontrant. Je cherche à créer un lien avec un individu psychopathe, qui n’est capable d’aucun affect : je suis concentré, je ne porte jamais de jugement sur ce qu’il a fait, sinon c’est la fin de l’entretien. Même si les serial killers me racontent les pires horreurs, je suis trop occupé à étudier leur gestuelle, et à préparer mes prochaines questions pour réagir, mais ça remonte parfois à la surface, après. J’écoute leur témoignage, mais j’assiste aussi aux scènes de crimes, aux autopsies…
Afrik.com : Pourquoi acceptent-ils de vous rencontrer ?
Stéphane Bourgoin : Ils reçoivent peu de visites, je suis souvent une forme de distraction pour eux. D’autres sont manipulateurs, menteurs, ils veulent se confronter à quelqu’un. Et il ne faut pas se leurrer, pour certains, raconter leurs crimes leur procure une jouissance d’ordre sexuel.
Source AfriKcom
Tuerie de Nantes: La soeur de Xavier Dupont de Ligonnès remet l’enquête en question

Des éléments ne collent pas avec la thèse officielle, assure-t-elle...
Sept mois après le meurtre des quatre enfants et d’Agnès, l’épouse de Xavier Dupont de Ligonnès, le principal suspect reste toujours introuvable. Mais, rapporte le JDD, quelque 25 enquêteurs travaillent toujours sur ce dossier. En ce moment, ils vérifient les ordonnances médicales délivrées au père de famille, afin de découvrir si les somnifères utilisés pour droguer les enfants y figurent.
Mais la soeur de Xavier Dupont de Ligonnès, qui a relevé des éléments qu’elle estime troublants, doute toujours, explique le JDD. Il y a notamment cette voisine qui a assuré avoir discuté avec Agnès le 7 avril, soit trois jours après sa mort présumée. Lorsqu’elle en a informé les policiers, ils ne l’ont pas crue. «Ils m’ont répondu: ce n’est pas possible. Ils ont attrapé un calendrier et dit que cela devait être huit jours plus tôt. J’ai signé sans relire le PV.»
Agnès avait évoqué des menaces
Par ailleurs, la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès a pu avoir accès aux 2.000 pages du dossier d’instruction, dans lequel elle a découvert que deux femmes du groupe de prière d’Agnès affirmaient que cette dernière avait fait état de menaces. L’épouse de Xavier leur recommandait de «prier surtout pour Xavier car elle craignait pour lui» et qu’elle avait «changé au cours de ces deux derniers mois son adresse électronique et son numéro de téléphone portable» à cause de ces menaces. Mais une autre membre du groupe de prière a affirmé que «notre groupe n’a jamais entendu parler de menaces de mort envers Agnès et sa famille».
Enfin, Christine, la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès assure que le mobile des problèmes financiers n’est pas crédible. Pour elle, son frère ne faisait pas mystère de ces problèmes d’argent. Agnès évoquait souvent leur «misère financière», rapporte-t-elle. «En février- mars, nous avons reproposé notre aide à Xavier, se souvient Christine. Il m’a dit que cela allait, et m’a promis de faire signe s’il y avait un problème», assure-t-elle.
Reste que de nombreux éléments accablants. C’est bien Xavier Dupont de Ligonnès qui a pris des cours de tirs, récupéré l’arme de son père similaire à celle qui a tué sa famille, acheté le ciment, la bêche et la chaux. Il n’a pas vu pour la dernière fois le 15 avril, à Roquebrune (Var).
Source 20minutes
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